Quel est un vrai repos de sabbat ?

News 31 juillet 2021

Ronald L. Preast / 9 juillet 2021

À la fin d’une campagne d’évangélisation, j’ai été honoré de voir une jeune femme se faire baptiser et rejoindre l’Église adventiste du septième jour locale. Elle aimait particulièrement passer le sabbat à l’église, sa nouvelle famille. Un jour de sabbat, elle a suggéré à un membre d’aller au centre commercial local où son amie organisait une exposition sur les oiseaux de proie. Elle pensait qu’il s’agissait d’une activité appropriée pour le sabbat et que ses nouveaux amis aimeraient en apprendre davantage sur la nature de Dieu. Mais l’une de ces personnes l’a regardée d’un air surpris et a dit : « C’est le sabbat, et nous n’allons pas au centre commercial le jour du sabbat ». La jeune femme nouvellement baptisée était effondrée. Ce jour-là, elle a quitté l’église pour ne plus jamais y revenir.

Nous nous sommes tous probablement posé la question : « Pense à observer le jour du sabbat et fais-en un jour consacré à l’Eternel. Tu travailleras six jours pour faire tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré à l’Eternel, ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi ; car en six jours, l’Eternel a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve, mais le septième jour, il s’est reposé. C’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du sabbat et en a fait un jour qui lui est consacré. » (Exode 20:8-11 BDS).

Il nous est ordonné de ne pas travailler, mais qu’est-ce qui est considéré comme un « travail » ?

Ce qui est bien et ce qui ne l’est pas

Quelles sont les choses à faire et à ne pas faire pour respecter le sabbat ?  Pouvons-nous manger au restaurant le jour du sabbat, ou devons-nous éviter les restaurants ? Pouvons-nous regarder des programmes télévisés, ou seulement des programmes religieux ce jour-là ? Nous ne devons pas travailler, mais ce qui est du travail pour vous peut ne pas l’être pour moi. Certaines personnes peuvent jouer au golf et trouver cela relaxant et reposant, mais pour moi c’est du travail. Travailler dans le jardin peut être apaisant, mais si mon activité est l’aménagement paysager, ce serait du travail. Qu’est-ce que « profaner » le sabbat ?

Esaïe 58:13-14 peut rendre les choses encore plus confuses : « Si, le jour du sabbat, tu te retiens de travailler, si tu t’abstiens de traiter tes affaires en ce jour qui m’est consacré, si pour toi le jour du sabbat est un temps de délices, si ce saint jour de l’Eternel, tu le tiens en estime et si tu le respectes en t’abstenant de faire ce qui te plaît, de traiter tes affaires et de tenir de longs discours, alors tu trouveras ta joie en l’Eternel, et sur les hauteurs du pays je te ferai passer et je te donnerai la pleine jouissance du patrimoine de Jacob, ton ancêtre. L’Eternel a parlé. » (BDS). Voilà ce que le Seigneur promet.

Je ne suis pas censé faire forcément ce qui me plaît, mais que faire si la prédication me plaît ? Je ne dois pas dire de vaines paroles, mais j’ai écouté beaucoup de vaines paroles dans les classes de l’École du sabbat. Je ne peux pas faire ce qui me plaît, mais je suis censé appeler ce jour un délice et trouver de la joie à respecter le sabbat ?

Se pose ensuite la question de savoir pourquoi nous observons le sabbat. Le célébrons-nous en l’honneur de la création (Exode 20:11), ou en souvenir de notre libération de l’esclavage égyptien ? (Deutéronome 5:15).

Comment ont-ils gardé le sabbat ?

Différents groupes ont cherché à sanctifier le jour du sabbat comme Dieu l’a demandé. Les chefs religieux d’Israël ont étudié les Écritures et débattu entre eux de la meilleure façon d’observer le jour du sabbat. Il en est résulté l’établissement de 39 catégories de travail et de centaines de règles relatives au sabbat. Les Pharisiens et les Sadducéens ont passé des centaines d’années à étudier et à débattre des Écritures, en essayant de suivre au mieux la volonté de Dieu. Puis Jésus est arrivé et les a informés qu’ils avaient tout faux.

On ne peut qu’éprouver un peu de sympathie pour ces enseignants religieux. Il suffit de voir comment notre propre église réagit lorsque quelqu’un présente un enseignement qui va à l’encontre d’années de croyances et de traditions (comme cela a été le cas de Desmond Ford). L’église en appellera à un comité spécial pour étudier cette nouvelle interprétation, et si celui-ci la juge inacceptable, ceux qui l’ont proposée pourraient perdre leur place dans l’église.

Les adventistes du septième jour ne sont pas à l’abri d’établir leurs propres règles du sabbat. Le vendredi, nous devons préparer nos vêtements, faire la cuisine, cirer nos chaussures et prendre un bain. Le jour du sabbat, tout travail séculier doit être mis de côté et tous les papiers séculiers doivent être hors de vue (Child Guidance, p. 528). Beaucoup se souviennent de la discussion sur la natation : « Jusqu’à quelle profondeur peut-on nager dans l’eau le jour du sabbat tout en gardant le jour saint ? ».

Dieu a ordonné aux Israélites : « Vous observerez donc le jour du repos, car il est saint pour vous. Celui qui le profanera devra mourir ; car quiconque fera un travail quelconque ce jour-là, sera retranché de son peuple. » (Exode 31:14, BDS).

Les enseignants religieux essayaient d’empêcher le peuple de profaner le sabbat, ce qui aurait entraîné la mort. Mais comment profane-t-on le sabbat ? Si nous faisions un sondage dans notre propre église, nous trouverions de nombreuses réponses concernant l’observance appropriée du sabbat.

Quelle instruction Dieu a-t-il donnée ?

Dieu donne très peu d’instructions sur la façon de respecter le sabbat.

Dans Exode 16, il est dit aux Israélites de ne pas chercher la manne le jour du sabbat, mais les prêtres préparaient le pain consacré chaque sabbat (1 Chroniques 9:32). Ils ne devaient pas ramasser du bois le jour du sabbat (Nombres 15:32-36) ni faire du feu (Exode 32:3). Cela signifie-t-il que lorsque nous campons, nous ne pouvons pas ramasser du bois et faire un feu de camp ? Néhémie pensait qu’il était mal de fouler des pressoirs le jour du sabbat ou de vendre des marchandises ce jour-là (Néhémie 13:15). Est-il mauvais de manger au restaurant le jour du sabbat, en faisant travailler quelqu’un d’autre pour préparer nos repas ?

Le peuple ne devait pas porter de charges en franchissant les portes de Jérusalem (Jérémie 17:21-27). Qu’est-ce qui constitue une charge ? Apparemment, les Israélites venaient se recueillir au temple et apportaient leur récolte pour la vendre dans les rues pendant leur séjour en ville. Est-ce que cela rend répréhensible le fait qu’un orateur du sabbat vende ses livres après le sermon ? Il avait été ordonné au peuple juif de ne pas travailler ce jour-là, mais les gardes du palais travaillaient chaque sabbat pour garder le palais royal (2 Rois 11:5). Amos a clairement indiqué que nous ne devions pas souhaiter que le jour de sabbat se termine pour pouvoir retourner à nos tâches habituelles (Amos 8:5). Dans ce contexte, il ne s’agit pas d’attendre avec impatience la fin du sabbat, mais de souhaiter la fin de la journée de sabbat pour profiter d’aller s’occuper des pauvres.
 
Les Israélites fuirent l’Égypte, chargés de l’influence qu’avait eu sur eux les 400 ans d’esclavage. Dieu avait beaucoup à leur dire, mais eux n’étaient pas en mesure de comprendre toutes ses intentions. Il voulait leur dire : aimez Dieu et aimez-vous les uns les autres (Matthieu 22:36-40), mais ils ne pouvaient pas saisir ce qu’est le véritable amour. Dieu a donc été plus précis dans les dix commandements. A l’époque, Dieu leur a dit « œil pour œil » jusqu’à ce qu’Il puisse instaurer parmi eux respect et ordre. S’Il leur avait dit de tendre l’autre joue, cela aurait donné lieu à d’énormes bagarres (Matthieu 5:38-39).

Pour essayer de gagner le respect et la confiance des Israélites, Dieu a dû recourir à la punition s’ils refusaient d’honorer le jour du sabbat. C’était comme lorsqu’un enfant refuse de faire la sieste. Le parent sait que si cet enfant ne se repose pas, personne ne voudra le côtoyer. Pour parvenir à ce que l’enfant fasse une sieste, ils peuvent le menacer de le punir physiquement. Il est à espérer qu’un jour l’enfant comprendra et fera la sieste de lui-même.

Dieu savait que les Israélites avaient besoin du repos du sabbat. S’ils le refusaient, personne ne voudrait les côtoyer. Malheureusement, ils n’ont jamais dépassé le stade de l’obligation de se reposer et ont au contraire abusé de ce privilège donné par Dieu. Ils ont ajouté d’autres contraintes contre ceux qui ne respectaient pas le jour du sabbat comme eux l’entendaient. Les quelques règles de l’Ancien Testament concernant le sabbat étaient des mesures d’urgence pour faire face à la situation de l’époque. Dieu espérait et que ses enfants grandiraient et n’auraient pas besoin de règles. Il espérait que le peuple comprendrait et respecterait le sabbat d’eux-mêmes.  

Le but du sabbat

En méconnaissant les véritables intentions de Dieu concernant le jour du sabbat, le peuple de Dieu a placé la loi de Moïse avant les besoins du peuple (Jean 7:20-24). Les pharisiens faisaient preuve de plus de bonté envers leurs animaux qu’envers leurs coreligionnaires (Matthieu 12:11-12). La situation était si mauvaise que les chefs religieux n’ont pas hésité pas à crucifier un homme innocent, à condition que cela se fasse le vendredi avant le coucher du soleil (Jean 19:31).

Jésus et ses disciples étaient accusés de transgresser le sabbat. Ils cueillaient du grain le jour du sabbat pour apaiser leur faim (Luc 6:1-2). Jésus a guéri de nombreuses personnes le jour du sabbat : l’homme à la main paralysée (Matthieu 12:10) ; une femme infirme (Luc 8:43-48) ; un homme atteint d’hydropisie (Luc 14:2-4) ; un homme paralysé au bord d’une piscine (Jean 5:3-8) ; un homme aveugle (Jean 9:13-15).

Jésus a tenté de clarifier le véritable objectif du sabbat en démontrant que « le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat ». Ainsi le Fils de l’homme est Seigneur même du sabbat » (Marc 2:27-28). Quand on lui reprochait de violer le sabbat, Jésus expliquait immédiatement quel est le véritable objectif du sabbat. Le sabbat est un cadeau donné pour rapprocher les gens de Dieu. C’est un jour pour se faire du bien les uns aux autres et pour sauver des vies (Marc 3, 1-5). Le sabbat n’a jamais été conçu comme un test de fraternité ou un jour destiné à démontrer quels sont les vrais chrétiens et ceux qui ne le sont pas.

Jésus essayait de nous dire : « Ce qui compte, ce n’est pas la manière dont vous observez le sabbat, mais la raison pour laquelle vous observez le sabbat. » Si le sabbat ne fait pas de nous des chrétiens meilleurs et plus aimants, peut-être devrions-nous nous interroger sur la manière dont nous l’observons. Si les règles que je donne à une personne la poussent à quitter l’église et à ne jamais y revenir, cela ne signifie-t-il pas que je place la loi au-dessus des besoins de ceux qui m’entourent ?

Je crains qu’en passant tellement de temps à déterminer ce qu’il est légal de faire ou de ne pas faire le jour du sabbat que nous ne puissions pas profiter pleinement de ce jour. Jésus aimait le sabbat. Il prenait plaisir à guérir les autres et à voir la joie sur leur visage. Si ses disciples avaient faim, Il ne voyait aucun inconvénient à ce qu’ils arrachent des grains de blé. Pour Jésus, les besoins des gens l’emportaient sur les traditions et les règles éditées par l’homme sur la façon de sanctifier le jour du sabbat (Matthieu 12:1-8).

Jésus a dit : « Toute la loi se résume en un seul commandement : « Aime ton prochain comme toi-même » (Galates 5:14). Voulons-nous que les gens nous condamnent pour notre façon de célébrer le sabbat ? Alors pourquoi condamnons-nous les autres pour la façon dont ils observent, ou n’observent pas, le sabbat ? Peut-être que notre repos le jour sanctifié par Dieu devrait inclure le repos de la condamnation des autres qui ne respectent pas mes règles du sabbat ou qui ne vivent pas selon mon style de vie.

Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu, car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose aussi de son propre travail, comme Dieu l’a fait du sien. « Efforçons-nous donc d’entrer dans ce repos, pour que personne ne tombe de la même manière, en suivant l’exemple de ceux qui ont désobéi. (Hébreux 4:9-11, NFC).

Ron Preast a été Pasteur et Conferencier de l’église Adventiste du 7ème Jour Durant 44 ans.  Il est maintenant retraité et habite à Arlington, WA, USA.

Source : Adventist Today atoday.org